sábado, 7 de abril de 2012

Bejart Ballet Lausanne

Bolero (Photo: Valérie Lacaze)
Pour fêter ses 25 ans dans la capitale française, le Béjart Ballet Lausanne présente 3 ballets : le célèbre Boléro et, pour la première fois sur scène à Paris, Dionysos et Aria.

Loic Le Duc 

1987 : le Ballet du XXème siècle s'installe à Lausanne et devient le Béjart Ballet Lausanne (BBL). Quelques années plus tard, poussé par le désir de "retrouver l'essence de l'interprète", Maurice Béjart réduit sa compagnie de soixante à une trentaine de danseurs.
2012 : le BBL fête ses 25 ans. C'est Gilles Roman qui veille aujourd'hui à la continuité de la compagnie, dans laquelle il danse depuis 1970. Roman affiche clairement sa ligne de conduite : perpétuer la tradition de l'"esprit Béjart", sans oublier la création. Pour son passage à Paris, la compagnie présente Dionysos (suite), Boléro, l'un et l'autre signés du Maître, et Aria, première création de Gil Roman après la disparition de Maurice Béjart.
Créé à Milan, en 1984, le ballet Dionysos fut aussitôt remanié et resserré et sa Suite s'imposa comme une réussite dans le riche répertoire béjartien : sur la musique endiablée de Manos Hadjidakis, l'énergie des danseurs du BBL explose dans une série de rondes, sauts et autres trajectoires. Oscar Chacon s'impose incontestablement comme un Dionysos doté d'une grande virtuosité et d'une présence scénique incommensurable. Ode à la Grèce, Dionysos Suite est rythmé de bacchantes et de sirtaki savamment détournées. Une danse virile et une émotion réelle lors du magnifique pas de deux brillamment interprété par la divine Katia Shalkina et Julien Favreau.
Boléro, sans doute le ballet le plus populaire de Béjart, est interprété par la somptueuse Elisabet Ros. Le chorégraphie s'attache à "faire ressortir la mélodie qui s'insinue dans tout le morceau et s'enroule inlassablement sur elle-même", et fait implicitement référence à la tension que suscite la strip-teaseuse lorsqu'elle s'effeuille devant une assemblée de mâles. Sur la table rouge, la danseuse vedette de la compagnie ondule suivant la progression musicale. A la fois sensuelle, séductrice, venimeuse, Mademoiselle Ros charme et hypnotise l'assemblée de mâles qui l'entoure, avant d'emporter dans son sillon le public du Palais des Congrès. Le triomphe est au rendez-vous. 
Malgré la qualité de la troupe et son investissement sur scène, Aria, sur fond de mythologie grecque et de Minautore ne convainc pas. Pour illustrer cette variation sur le labyrinthe, Gil Roman multiplie les combinaisons de pas complexes, les montages musicaux, la succession de scènettes avec ici et là le passage d'un vélo… qui, finalement, rendent le propos confus et rapidement ennuyeux. Mais après tout, Béjart aussi était capable du pire.

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