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lunes, 14 de noviembre de 2011

Marie-Antoinette, Ballet de la Ópera de Viena


Foto : Wiener Staatsballet/Dimo Dimov
Olga Esina (Marie-Antoinette), Roman Lazik (Ludwig XVI)

Por Loïc le Duc
Traduccion : Carolina Masjuan


Programación altamente simbólica en la Ópera Real de Versailles que acogió el pasado 3 de Noviembre,  para tres representaciones excepcionales, el Ballet de la Ópera de Viena, nuevamente dirigido por Manuel Legris (bailarín étoile de la Ópera de Paris), para presentar "Marie-Antoinette".

Es en 1768 cuando Louis XV, en previsión de las bodas sucesivas de sus nietos, decidió dar la orden de empezar con la construcción de esta ópera real, que suscitó casi un siglos de búsquedas, estudios y proyectos.
Las obras fueron activamente impulsadas y la ópera, acabada en veintitrés meses, fue inaugurada el 16 de mayo de 1770, día de la boda del Delfín con la archiduquesa Marie-Antoinette. Hija de Marie-Thérèse, casada con el heredero del trono francés, el futuro Louis XVI, cuando es aún casi una niña, Marie-Antoinette se ve envuelta en el flujo de los acontecimientos políticos y es a ella a quien el pueblo, del que no logra entender las necesidades, pide cuentas. Se convierte en víctima de las injusticias cometidas por generaciones de soberanos y muere en la guillotina, después de la condena a muerte y la ejecución del rey.

La coreografía de Patrick de Bana, en dos actos y ocho cuadros, nos muestra de forma lineal, el destino de esta “infortunada princesa”. El coreógrafo no busca mantener una crónica de los acontecimientos históricos. Introducidas por el destino personificado, quien simboliza también el tiempo, así como por la sombra de la protagonista, unas instantáneas  reconstituyen los estados de ánimo de Marie-Antoinette. El Destino y la Sombra acompañan los acontecimientos prediciéndolos y comentándolos. Y Patrick de Bana reduce los personajes de su ballet a algunas figuras cercanas a la heroína : la emperatriz Marie-Thérèse, Louis XV, el Delfín, convertido en Louis XVI, su cuñada, madame Elisabeth, su confidente, el conde sueco Axel Von Fersen, y su aliado, el conde de Mercy.

Foto : Wiener Staatsballet/Dimo Dimov
Olga Esina (Marie-Antoinette), Roman Lazik (Ludwig XVI)
De Viena a Versalles, los diferentes cuadros del primer acto nos recuerdan la vida de la Corte con sus fastos, sus ligerezas, sus picardías. Predomina el color azul, en los decorados, minimalistas y sobrios, y en los vestidos, ligeros y favorecedores, creados por Agnès Letestu. La música, deTelemann, Vivaldi, Mozart y aún de Chevalier de Saint-Georges, traduce ese estado de ligereza, de negligencia. En cuanto a las composiciones contemporáneas de Luis Miguel Cobo, guían los pasos de los personajes irreales del Destino y de la Sombra de Marie-Antoinette.

Los tres cuadros del último acto, titulados respectivamente "El ataque de Versalles",  la"Tentativa de huída" y"La prisión" se dedican a remarcar la soledad cada vez mayor de la soberana. Los colores son más oscuros. Pero son esencialmente las ganas de trascender y la presencia escénica de Kiriil Kourlaev (el Destino, con una larga amerciana roja) y de Alice Firenze (la Sombra de Marie-Antoinette) y los acompañamientos musicales, los que traducen la Historia y el destino funesto de la reina.  Ya que la escritura Patrick de Bana, ciertamente precisa y desenvuelta pero a menudo afectada, no evoluciona en el transcurso de los distintos cuadros. Permanece anclada en un fraseado cogido de Duato o incluso de Preljocaj. Fotogénica, permanece fría, convencional y sin sabor. Y la danza de Olga Esina (Marie-Antoinette) no se emancipa de esta escritura. Asimismo la ex bailarina del Mariinsky nos restituye una Marie-Antoinette poco convincente y sin gran empatía. 

De todos modos, la presencia escénica y la calidad de los bailarines del cuerpo de baile de la Ópera de Viena, preservan a los espectadores del aburrimiento que acecha. Poco vistos en esta obra, confío poder apreciarles en una coreografía más convincente, o al menos a la altura de su talento. Saludando discretamente al público, Manuel Legris puede enorgullecerse de su compañía y del trabajo ya conseguido hasta aquí.

Marie Antoinette - Ballet en dos actos de Patrick de Bana  

Musiques : Georg Philipp Telemann, Antonio Vivaldi, Chevalier de Saint-Georges, Wolfgang Amadeus Mozart, Johann Christian Bach, Jean-Philippe Rameau, Jean-Féry Rebel and Luis Miguel Cobo
Décors : Marcelo Pacheco, Alberto Esteban / Area. Espacios Efímeros
Costumes: Agnès Letestu 
Lumières : James Angot  
Marie-Antoinette – Olga Esina Louis XVI  – Roman Lazik Madame Elisabeth – Ketevan Papava Le Destin –  Kirill Kourlaev L’Ombre de Marie-Antoinette – Alice Firenze Marie-Thérèse – Dagmar Kronberger Mercy – Fabrizio Coppo Louis XV  – Christoph Wenzel 

Marie-Antoinette, par le ballet de l'opéra de Vienne


Par Loïc le Duc

Photo : Wiener Staatsballet / Dimo Dimov
Olga Esina (Marie-Antoinette), Roman Lazik (Louis XVI)
Programmation hautement symbolique à l'opéra royal de Versailles qui accueillait pour 3 représentations exceptionnelles le ballet de l'opéra de Vienne, nouvellement dirigé par Manuel Legris (danseur étoile de l'opéra de Paris), pour y présenter "Marie-Antoinette".

C'est en 1768 que Louis XV, en prévision des mariages successifs de ses petits-enfants, se décida à donner l'ordre de commencer les travaux de cet opéra royal, qui avait suscité près d'un siècle de recherches, d'études et de projets. Les travaux furent poussés activement et l'opéra, achevé en vingt-trois mois, fut inauguré le 16 mai 1770, jour du mariage du Dauphin avec l'archiduchesse autrichienne Marie-Antoinette. Fille de Marie-Thérèse, mariée à l'héritier du trône français, le futur Louis XVI, alors qu'elle est quasi une enfant, Marie-Antoinette est prise dans le flot des évènements politiques et c'est à elle que le peuple, dont elle ne comprend pas les besoins, demande des comptes. Elle devient victime des injustices commises par des générations de souverains et meurt sous la guillotine, après la condamnation à mort et l'exécution du Roi.

La chorégraphie de Patrick de Bana, en deux actes et huit tableaux, s'attache à retracer, de façon linéaire, le destin de cette "infortunée princesse". 
Le chorégraphe ne cherche pas à tenir une chronique des évènements historiques. Introduits par le destin personnifié qui symbolise également le temps ainsi que par l'ombre de la protagoniste, des instantanés retracent les états d'âme de Marie-Antoinette. Le Destin et l'Ombre accompagnent les évènements en les prédisant et en les commettant. Et Patrick de Bana de réduire les personnages de son ballet à quelques figures proches de l'héroïne : l'impératrice Marie-Thérèse, Louis XV, le Dauphin devenu Louis XVI, sa belle-soeur, madame Elisabeth, son confident, le comte suédois Axel Von Fersen, et son allié, le comte de Mercy.

Photo : Wiener Staatsballet / Dimo Dimov
Olga Esina (Marie-Antoinette), Roman Lazik (Louis XVI)
De Vienne à Versailles, les différents tableaux du premier acte nous rappellent la vie de la Cour avec ses fastes, ses légèretés, ses coquineries. La couleur bleue prédomine, à la fois dans les décors, minimalistes et sobres, et dans les costumes, légers et seyants, conçus par Agnès Letestu. Les musiques, empruntées à Telemann, Vivaldi, Mozart ou encore au Chevalier de Saint-Georges traduisent cet état de légèreté, d'insouciance. Quant aux compositions contemporaines de Luis Miguel Cobo, elles guident les pas des personnages irréels du Destin et de l'Ombre de Marie-Antoinette. 

Les trois tableaux du deuxième acte intitulés respectivement "L'attaque de Versailles",  la "Tentative de fuite" et "La prison" s'attachent à souligner la solitude de plus en plus grande de la souveraine. Les couleurs sont plus sombres. Mais ce sont essentiellement l'investissement et la présence scénique de Kiriil Kourlaev (le Destin, en longue veste rouge) et d'Alice Firenze (l'Ombre de Marie-Antoinette), et les accompagnements musicaux qui traduisent l'Histoire et le destin funeste de la reine. Car l'écriture de Patrick de Bana, certes précise et enlevée mais souvent chichiteuse, n'évolue pas au cours des différents tableaux. Elle reste ancrée dans un phrasé emprunté à Duato voire Preljocaj. Photogénique, elle reste froide, convenue et sans saveur. Et la danse d'Olga Esina (Marie-Antoinette) ne s'émancipe pas de cette écriture. Aussi, l'ex-danseuse du Mariinsky nous restitue une Marie-Antoinette peu convaincante et sans grande empathie.

Toutefois, la présence scénique et la qualité des danseurs du corps de ballet de l'opéra de Vienne préservent les spectateurs de l'ennui qui guette. Sous employés dans cette ouvrage, j'espère pouvoir les apprécier dans une chorégraphie plus convaincante, ou tout au moins à la hauteur de leurs talents. Venu saluer discrètement le public, Manuel Legris peut s'enorgueillir de sa compagnie et du travail qu'il a d'ores et déjà accompli.  


MARIE ANTOINETTE
Ballet en deux actes de Patrick de Bana

Musiques : Georg Philipp Telemann, Antonio Vivaldi, Chevalier de Saint-Georges, Wolfgang Amadeus Mozart, Johann Christian Bach, Jean-Philippe Rameau, Jean-Féry Rebel and Luis Miguel Cobo
Décors : Marcelo Pacheco, Alberto Esteban / Area. Espacios Efímeros
Costumes: Agnès Letestu
Lumières : James Angot

Marie-Antoinette – Olga Esina
Louis XVI  – Roman Lazik
Madame Elisabeth – Ketevan Papava
Le Destin –  Kirill Kourlaev
L'Ombre de Marie-Antoinette – Alice Firenze
Marie-Thérèse – Dagmar Kronberger
Mercy – Fabrizio Coppo
Louis XV  – Christoph Wenzel