Mostrando entradas con la etiqueta Rosas. Mostrar todas las entradas
Mostrando entradas con la etiqueta Rosas. Mostrar todas las entradas

miércoles, 30 de noviembre de 2011

Mikrokosmos, Rosas / Anne Teresa de Keersmaeker


Loïc le Duc  - Traduccion : Carolina Masjuan
Mikrokosmos


"Danse en automne", Maison de la musique, Nanterre (Hauts de Seine, France) 

La Maison de la musique, de Nanterre (Hauts de Seine), rinde tributo a la danza e invita a Rosas, la compañía de Anne Teresa de Keersmaeker para presentar "Mikrokosmos", una danza frontal. Milimetrada y virtuosa. 

A inicio de los 80, una mujer joven, Anne Teresa de Keersmaeker entró en escena. Asch era el título de ese preludio coreográfico… Luego Achterland…, mis años de danza son los mismos años de "de Keersmaeker".  La estudiante de MUDRA, en Bruselas, después de la Tisch School of the Arts, en New York, no ha cesado de descifrar nuevos territorios de danza con su compañía, Rosas, creada en 1983.
Su confrontación incesante, a lo largo de todo su recorrido artístico, con las partituras de Bach, Beethoven, Ligeti, Mozart y/o Bartok ha demostrado que en este diálogo, a veces desconcertante, Rosas, fortifica su danza, la emancipa, y acompaña su propia escritura. Es decir, al contrario que muchos coreógrafos contemporáneos, Anne Teresa de Keersmaeker toma valientemente la tangente en relación a la teoría establecida por Merce Cunningham y John Cage, según los cuales el encuentro fortuito, en el único día del estreno, de los materiales coreográficos y musicales, concebidos independientemente y en la ignorancia unos de otros, podía resolver los efectos nefastos de subordinación de un arte sobre el otro. 

Buscando puntos de apoyo, de contrapunto, de fuga o de síncope que sugiera la composición musical, Anne Teresa de Keersmaeker impone una danza de estilo acerado, vivaz, a la vez impetuosa y rigurosa. Una danza escupiendo una energía cruda, sin temor a enfrentarse al agotamiento pero incluyendo también soplos de indolencia, una intimidad que se desliza del sosiego a la violencia, un sutil juego entre la cadencia y la disonancia, una emoción púdica y vehemente, una belleza que se da a la vez en su fuerza y en su fragilidad.   
Con Mikrokosmos a la que se concedió, en 1989, el Dance Award como mejor producción extranjera, la coreógrafa emprende hacer eco a Béla Bartok, con, en primer lugar, un dúo - una ocasión para ella de introducir por primera vez una figura masculina - bailada sobre los dos pianos de las Siete composiciones breves. Seguido de un paso a cuatro, con el cometido de corresponder con el cuarteto de cuerdas n°4.

Mikrokosmos
Rosas se pregunta : ¿qué movimientos para qué música? Sin ilustrar nada y sin embargo atenta a la escritura de Bartok la cual traduce en torneo amoroso, lleno de fluidez y giros, y en escapadas repentinas y retenciones, Mikrokosmos elabora una danza frontal, milimetrada y virtuosa. Con envolvimientos de cabeza, del torso y de los brazos para la pareja, que retoman las volutas musicales y, para la cuadrilla, un ritmo dinámico oscilando entre indolencia, piruetas y bromas. Son cuatro lolitas, con botines de cuero que despliegan una danza al unísono, en un flujo vigoroso, en el que los cuerpos son pequeñas mecánicas traviesas, brazos sueltos y pies martilleando. Esta energía está pimentada de insolencia y seducción, de enfurruñamiento, de gracia, de cabezonería y de melancolía. Todo acentuado por un gesto de la mano para arreglarse el pelo. El reestreno de esta pieza demuestra que no ha perdido nada de su pertinencia, y la película de Wolfgang Kolb es un buen testimonio de este objeto extraño y esencial. 


Representación del 25 de noviembre de 2011. 

Coreografías : Anne Teresa De Keersmaeker

Mikrokosmos, Seven Pieces for Two Piano’s
Bailarines: Elizaveta Penkóva, Jakub Truszkowski
Música: Béla Bartók, interpretada en directo por Jean-Luc Fafchamps & Jean-Luc Plouvier 

Monument / Selbstporträt mit Reich und Riley (und Chopin ist auch dabei) / im zart fliessender Bewegung
Musique : György Ligeti, interpretado en directo por Jean-Luc Fafchamps & Jean-Luc Plouvier 

Quatuor N° 4
Bailarines: Tale Dolven, Elizaveta Penkóva, Taka Shamoto, Sue-Yeon YounMusique : Béla Bartók, interpretado en directo por The Duke Quartet : Louisa Fuller (violon), Garth Knox (alto), Rick Koster (violon), Sophie Harris (cello). 

Mikrokosmos, Rosas / Anne Teresa de Keersmaeker


Par Loïc le Duc



La Maison de la musique, à Nanterre (Hauts de Seine), fait honneur à la danse et invite Rosas, la compagnie d'Anne Teresa de Keersmaeker pour y présenter "Mikrokosmos", une danse frontale, millimétrée et virtuose.

Au début des années 1980, une jeune femme, Anne Teresa de Keersmaeker entre en scène. Asch était le titre de ce prélude chorégraphique… Et depuis Achterland, mes années danse sont autant d'années "de Keersmaeker". L'étudiante de MUDRA, à Bruxelles, puis de la Tisch School of the Arts, à New York, n'a cessé de défricher de nouveaux territoires de danse avec sa compagnie, Rosas, créée en 1983.

Sa confrontation incessante, tout au long de son parcours artistique, avec les partitions de Bach, Beethoven, Ligeti, Mozart et/ou Bartok a montré qu'à ce dialogue, parfois déconcertant, Rosas, fortifie sa danse, l'émancipe, et accompagne sa propre écriture. C'est dire si, à l'encontre de bien des chorégraphes contemporains, Anne Teresa de Keersmaeker prend courageusement la tangente au regard de la théorie mise en place par Merce Cunningham et John Cage, selon qui, la rencontre fortuite, au seul jour de la première, des matériaux chorégraphiques et musicaux, conçus indépendamment et dans l'ignorance l'un de l'autre, pouvait résoudre les effets néfastes de subordination d'un art sur l'autre. 

Cherchant les points d'appui, de contrepoint, de fugue ou de syncope que suggère la composition musicale, Anne Teresa de Keersmaeker impose une danse au style acéré, vivace, à la fois impétueux et rigoureux. Une danse crachant de l'énergie brute, ne craignant pas de s'affronter à l'épuisement mais incluant aussi des bouffées de nonchalance, une intimité qui glisse de l'apaisement à la violence, un jeu subtil entre la cadence et la dissonance, une émotion pudique et véhémente, une beauté qui se donne à la fois dans sa force et sa fragilité. 

Avec Mikrokosmos qui se voyait octroyer, en 1989, le Dance Award de la meilleure production étrangère, la chorégraphe entreprend de faire écho à Béla Bartok, avec en premier lieu, un duo - l'occasion pour elle, d'introduire pour la première fois une figure masculine - dansé sur les deux pianos des Sept compositions brèves. Puis un quadrille, chargé de correspondre avec le Quatuor à cordes n°4.

Rosas s'interroge : quels mouvements pour quelle musique ? N'illustrant rien et cependant à l'écoute de l'écriture de Bartok qu'elle traduit en joute amoureuse, fluide et virevoltante, en échappées soudaines et en retenues, Mikrokosmos élabore une danse frontale, millimétrée et virtuose. Avec pour le couple des enveloppements de la tête, du torse et des bras qui reprennent les volutes musicales et, pour le quadrille, un rythme dynamique oscillant entre nonchalances, cabrioles et facéties. Elles sont quatre lolitas, en bottines de cuir qui déploient une danse à l'unisson, dans un flux vigoureux, où les corps sont de petites mécaniques espiègles, bras jetés et pieds martelés. Cette énergie est pimentée d'insolence et de séduction, de bouderies, de grâce, d'entêtement et de mélancolie. Le tout accentué d'un geste de la main pour replacer les cheveux. 

La reprise de cette pièce prouve qu'elle n'a rien perdu de sa pertinence, et le film que Wolfgang Kolb en tire, est un bon témoignage de cet objet étonnant et essentiel. 

"Danse en automne", Maison de la musique, Nanterre (Hauts de Seine, France)

Représentation du 25 novembre 2011.
Chorégraphies : Anne Teresa De Keersmaeker

Mikrokosmos, Seven Pieces for Two Piano’s (1987)
Dansé par : Elizaveta Penkóva, Jakub Truszkowski
Musique : Béla Bartók, interprétée en direct par Jean-Luc Fafchamps & Jean-Luc Plouvier 

Monument / Selbstporträt mit Reich und Riley (und Chopin ist auch dabei) / im zart fliessender Bewegung
Musique : György Ligeti, interprétée en direct par Jean-Luc Fafchamps & Jean-Luc Plouvier 
Quatuor N° 4
Dansé par : Tale Dolven, Elizaveta Penkóva, Taka Shamoto, Sue-Yeon Youn
Musique : Béla Bartók, interprétée en direct par The Duke Quartet : Louisa Fuller(violon), Garth Knox(alto), Rick Koster(violon), Sophie Harris(cello).